Atelier couture Lapsuss

Dans les coulisses de Lapsuss, l’atelier textile pensé pour les jeunes marques

Le jeunes marques de vêtements éco-responsables rêvent souvent du fameux « Made in France » pour leur collection. Sur le papier, ça semble parfait : une production locale, une gestion de production simplifié (plus simple de parler en français qu’en anglais), et un argument de vente fort pour vos clients. Mais au moment où arrive les devis, c’est souvent la douche froide. On vous demande des minimums de commande (MOQ) jusqu’à 300 pièces par modèle, des tarifs de développement exorbitants, ou on ne vous répond tout simplement pas parce que votre dossier technique n’est pas au bon format.

L’erreur classique est de baisser les bras et de penser que la production française est réservée aux grandes maisons. C’est faux. Il existe des partenaires agiles, à taille humaine, qui comprennent la réalité économique des jeunes créateurs.

Aujourd’hui, je vous emmène à la rencontre de Camille, à la tête de l’atelier de confection savoyard Lapsuss. Ensemble, nous allons décrypter comment fonctionne un atelier de petite série et pourquoi une préparation rigoureuse est votre meilleur atout pour réussir cette étape de production.

1. Un atelier à taille humaine : L’histoire de Lapsuss

Avant de confier votre collection à un atelier, vous devez comprendre qui le fabrique. Derrière les machines à coudre, il y a des hommes et des femmes. Le choix de votre fournisseur n’est pas qu’une question de coût de revient, c’est un choix stratégique qui sera déterminant pour la réussite de votre marque de dmode.

Et c’est pourquoi, j’ai un vrai coup de coeur pour Lapsuss qui est atelier à taille humain, et repris par Camille une vraie passionnée de textile :

Camille : « Porteuse d’un projet de valorisation de laine française, Naige, j’étais en fait cliente potentielle de ce petit atelier qui ne s’appelait pas Lapsuss à l’origine. Il cochait toutes les cases pour moi : petite série, entreprise d’insertion et l’ultra-local. Quand la dirigeante me confie ses difficultés et la recherche d’un repreneur j’ai pas hésité un instant, en un mois la reprise était signée et l’atelier renommé L’Atelier Petite Série Utile Social et Solidaire, Lapsuss était né. »

Mais Lapsuss ce n’est pas qu’un simple atelier, c’est avant tout un atelier qui s’engage à avoir dans ses effectifs au minimum 2 personnes en insertion professionnelle, éloignées de l’emploi et à les accompagner sur le chemin de l’emploi durable :

« Les valeurs de l’entreprise nous sont chères : RESPECT, IMPLICATION, SOLIDARITÉ et sont insufflées chaque jour dans nos relations d’équipe et avec nos client.e.s.

Aussi, métier de production où le temps peut-être source de stress nous échangeons souvent sur comment bien le vivre et réussir à installer une productivité heureuse.”

2. Le nerf de la guerre : les fameux MOQ

C’est la bête noire des fondateurs qui se lancent : les quantités. Financer un stock de 300 pièces alors que vous n’avez pas encore validé votre marché est un risque financier conséquent. Trouver un atelier qui accepte de petites séries peut être un vrai atout pour votre projet en lancement, et c’est le cas de Lapsuss :

« Nous proposons des MOQ (minimum order quantity) à 30 pièces par modèle, dont 6 par taille. Nous avons à cœur de soutenir les créateurs et créatrices en lancement. La pièce unitaire sera un peu plus chère, mais tout le monde s’y retrouve. De notre côté, produire de plus petites quantités évite la lassitude de produire en grosse série et contribue au plaisir au travail de nos équipes. »

Le coût unitaire est plus chère, mais comme vous travaillez à proximité vous allez gagner en prix sur la partie développement (déplacement moins couteux, et moins couteux qu’un développement avec une modéliste freelance), et surtout ne pas sortir une énorme somme d’un coup, ce qui vous laisse le temps de tester votre projet sur une toute petite série. Vous aurez ensuite bien le temps d’augmenter vos quantités et donc vos marges.

Le deuxième gros avantage d’un atelier à petite échelle, c’est qu’il est capable de gérer le système de la pré-commande, ce que presque aucune grosse usine ne peut faire.

« Nous sommes petits, certes, ET agiles. Nous pouvons, en étant bien organisés, produire sous 2 à 3 semaines, ce qui permet de répondre à des projets qui fonctionnent en précommandes ou financement participatif. Il faut pour cela avoir validé les modèles au préalable avec des prototypes et têtes de série, et avoir déjà de disponibles à l’atelier l’ensemble des matières et accessoires. »

Bien sur comme le dit Camille, vous devrez quand même acheter en amont vos matières et fournitures (un système 100% pré-commande n’existe pas à moins de faire patienter vos clients de très nombreuses semaines), mais si vous vendez seulement 50 pièces au lieu des 100 espérés vous ne vous retrouverez pas avec un stock invendable, mais juste avec des rouleaux de tissu, beaucoup plus facile à revendre à un fournisseur, ou à utiliser pour une autre collection.

Vous évitez ainsi d’immobilier votre trésorerie dans un stock trop conséquent.

3. Le cahier des charges d’un atelier comme Lapsuss

Un atelier de confection ne peut pas tout réaliser, et à besoin d’informations précises pour répondre à votre demande. Chaque usine a son parc machine et ses spécificités. Vous devez connaitre les spécificités de votre produit et arriver avec une fiche technique détaillées (dessin technique, nomenclature, coloris, zoom produit, tableau de mesure…) pour pourvoir donner un cahier des charges précis au fournisseur.

Lapsuss comme n’importe quel atelier a donc son périmètre de compétence :

« Nous sommes très polyvalents. Nous travaillons beaucoup la maille et parfois le chaine et trame : top, tshirts, sweats, polaire mais aussi pantalons en toile, c’est très varié.

Nous ne travaillons pas les pièces à boutons/boutonnières par manque d’équipement ou savoir-faire, donc pas de chemises par exemple ni de pièces types tailleurs pour lesquelles nous serions trop long à produire et donc trop couteux.

La personnalisation (par exemple broderie) est réalisée chez des partenaires locaux. Enfin afin de tenir notre promesse de production raisonnée nous n’avons aucun stock à l’atelier : soit le client s’occupe du sourcing soit nous lui proposons un forfait pour cela et sourçons selon ses envies et besoins au plus juste. »

Camille précise ensuite qu’il peut parfois suffire de venir avec une simple idée mais qu’il est préférable de venir avec un cahier des charges précis :

Naige : « Nous préférons bien sûr un dossier technique (ceux de Louise par exemple ils sont au top !) qui cadre de suite le projet.

Après réception d’un cahier des charges ou dossier technique pour nous assurer de la bonne faisabilité d’un projet au sein de notre atelier nous échangeons soit par visio soit à l’atelier avec le client.e sur le projet et son besoin afin de tout faire pour y répondre le mieux voire d’aller au delà des attentes en conseillant et guidant le client.e tout au long du développement textile.

Une fois le projet lancé, une communication de proximité de confiance s’installe et nous travaillons main dans la main en collaboration pour une satisfaction client.e maximale. »

J’aime dire qu’une fiche technique, c’est un peu comme la carte d’identité de votre vêtement. Si vous ne l’avez pas, c’est le meilleure moyen de vous perdre en route…

C’est le document qui traduit votre idée en un document concret et compréhensible par un industriel. Sans lui, vous allez perdre du temps en ayant du mal à communiquer avec les fournisseurs et le risque est de perdre de l’argent en multipliant les prototypes ratés.

4. Cas concret : Un créateur lance sa marque de prêt à porter

Récemment, j’ai eu le plaisir de collaborer avec Lapsuss pour le développement de la collection de mon client Cédric. En tant que styliste, mon rôle a été de concevoir les fiches techniques, de trouver les bons fournisseurs matières, et de m’assurer que ce que Cédric avait dans la tête soit techniquement réalisable par les équipes de Lapsuss.

Atelier couture Lapsuss

« Le trio Créateur – Styliste – Atelier pour moi est l’idéal, chacun apportant son expertise au projet. Travailler avec une styliste permet d’être un magnifique trait d’union entre le rêve du client et la concrétisation de ce rêve par l’atelier. »

Vous l’aurez compris, produire en France, de manière responsable et en petite série, c’est totalement possible. Mais la réussite de cette collaboration repose sur un équilibre précis : une fiche technique pour ne laisser aucune place au hasard, et un atelier engagé comme Lapsuss pour donner vie au projet.

Pour le mot de la fin, j’ai demandé à Camille son meilleur conseil pour ceux qui hésitent encore : « N’ayez pas peur, produire en France c’est génial. Pour réussir, différenciez-vous ! »

Si son approche vous parle, vous pouvez contacter son équipe à contact@lapsuss.fr ou au 04 56 11 34 08 et faire un tours sur le site de Lapsuss.

Retour en haut