4 questions à se poser pour concevoir un vêtement éthique

Déc 14, 2021 | Non classé

C’est parti, vous lancez votre marque et vous avez l’idée de votre premier vêtement ! 😍

Mais malheureusement vous êtes perdu sur la façon de réussir à concevoir un vêtement éthique, il semble y avoir tellement de critères… 😱

Pas de panique ! Je vais vous donner la marche à suivre avec 4 questions à vous poser pour concevoir votre vêtement éthique !

Quelle matière pour votre vêtement ? 

La matière de votre vêtement est un des points clés à maîtriser. Nous allons voir ensemble les matières qui sont écologiques ou non.

Comment se compose une matière textile ? 

Il faut différencier le textile de la fibre qui le compose.

C’est comme avec un banana bread, l’ingrédient qui le compose, c’est la banane, tandis que la recette, c’est le banana bread. Si on revient au textile, un vêtement peut être fait à partir par exemple de la fibre de coton, et ce même coton pourra ensuite être transformé en différentes étoffes telles que du jersey, de la toile…

Les fibres sont donc les composants de votre textile et peuvent provenir de différentes origines : naturelle, artificielle, synthétique. La fibre va donner certaines caractéristiques à votre textile dont celui d’être écologique ou non, par exemple un coton bio sera bien sûr plus écologique qu’un polyester qui est fait à base de pétrole.

fibre de coton

Les fibres artificielle et synthétique sont toutes les deux synthétisées chimiquement, mais se sont leurs matières premières qui divergent. La fibre artificielle utilise des molécules organiques (=issu du vivant) comme par exemple de la fibre de bambou pour générer de la viscose, tandis que les fibres synthétiques utilisent des molécules dit de synthèse, donc inventer par l’homme.

On peut donc avoir des matières artificielles tout à fait écologique comme la viscose de bambou, tandis que les matières synthétiques sont toujours non-écologiques (sauf si recyclées) car elles trouvent leur origine dans les produits pétroliers.

Néanmoins, méfiance ce n’est parfois pas la matière d’origine qui est dangereuse, mais le procédé de fabrication de la fibre. Par exemple, la viscose peut être synthétisée avec des produits chimiques très dangereux et polluant, ou au contraire avec des procédés non dangereux grâce au label de contrôle ecovero.

 

Quelle fibre pour mon vêtement ?

Pour résumer, on peut dire dans l’ensemble que c’est éthique si la fibre :

    • possède une certification comme le coton biologique, ou la viscose certifiée ecovero,
    • est pour la majorité une matière naturelle comme le lin, le chanvre, la toile de jute, la ramie et l’ortie ou encore les cuirs vegans,
    • est recyclée comme avec certains denim, coton, laine, et matières synthétiques (nylon, polyester)…

En revanche, c’est beaucoup moins éthique :

    • le coton dit classique parce que sa production utilise énormément d’eau, de pesticides et d’énergie,
    • les textiles synthétiques, qui sont comme je le disais, très souvent issus du pétrole, et donc très polluants et difficiles à recycler (polyester, polyamide, Nylon, lycra, élasthanne, acrylique…),
    • la viscose non certifié,
    • les fourrures qui ne respectent pas le bien-être animal
    • le cuir à tannage chimique qui est très polluant et qui ne respecte pas le bien-être animal non plus.

Si je ne devais vous donner qu’un conseil, c’est de ne pas vous jeter sur la première matière venue et de toujours faire des recherches pour éviter de vous faire avoir.

Par exemple, sur les salons textiles certains gros fabricants mettent en avant la viscose de bambou comme un textile écologique et révolutionnaire, alors qu’au contraire, c’est un désastre écologique et humain. Si vous voulez approfondir le sujet, je vous conseille de regarder le reportage les dessous de la mode à bas prix d’Arte.

classification des fibres textiles

Quel mode de production pour votre vêtement ?

Une autre question importante à vous poser pour créer un vêtement éthique est la méthode de production, il existe deux manières de produire. 🤔

La production classique qui ne s’adapte pas du tout à votre client

La production classique est la plus pratiquée, elle consiste à acheter un stock précis en essayant de deviner ce que le consommateur va le plus acheter. Le problème de ce fonctionnement est qu’il peut engendrer du sur-stock, car on ne peut jamais totalement anticiper les ventes que l’on va faire. Les grosses marques de fastfashion qui n’arrivent pas à vendre leurs produits les envoient au Chili. Ce pays est devenu le spécialiste dans le commerce de vêtements de seconde main à travers des sortes de vaste poubelle à ciel ouvert !

En plus, de ne pas être éthique à travers la création de déchet, elle est aussi néfaste, car elle pousse à la consommation en créant un besoin dont votre client n’a pas besoin. Même si la production traditionnelle peut être utiliser de temps en temps pour des raisons de facilité et de simplicité, je vous conseille de ne produire pas uniquement de cette manière, si vous voulez être une marque totalement éthique. Et pour cela, il est intéressant de penser à des méthodes plus agiles.

couturière industriel

La production agile qui s’adapte au besoin client

En effet, il existe d’autres méthodes qui s’adaptent aux besoins de votre client. Par exemple, le système de pré-commande. On produit uniquement ce que le client à commander, et quelques tailles en plus en cas d’échange. L’avantage est d’être au plus près des besoins de consommation de vos clients et donc de ne pas sur-produire.

C’est une méthode très éthique, car elle évite les déchets textiles et ne poussent pas à la sur-consommation. Mais ce n’est pas la seule méthode qui existe pour s’adapter aux besoins de votre client, si cela vous intéresse je vous invite à aller voir mon article sur : « Quels sont les nouveaux modes de production pour éviter le sur-stock ? »

En somme, pour être éthique dans sa production, il faut essayer d’être au plus juste dans ce qu’on produit pour éviter le sur-stock.

Quel lieu de fabrication pour votre vêtement ?

Une autre question à se poser est le fabricant que vous allez choisir, et cela pour deux raisons. D’abord en termes de localisation, et ensuite en termes de respect des travailleurs à travers la politique de l’usine.

La localisation du façonnier

La localisation de votre usine est un point clé à avoir en tête, car plus vous serez loin de votre lieu de production plus l’impact carbone pour livrer votre clientèle sera élevé. Vous devez aussi penser au parcours de production, si vous segmentez les étapes de votre production. Par exemple, si votre coton est produit en Inde, puis filer au Portugal, puis imprimé en Italie, puis tisser en Chine, et votre vêtement fabriqué en France. Vous aurez beau avoir votre dernière étape en France, votre produit aura fait le tour de la planète avant d’atterrir chez votre client !

Évidemment, réduire le trajet qu’il faut pour fabriquer votre vêtement n’est pas une tâche facile, mais c’est possible ! Comme a pu le faire la marque de jean 1083. Un jean conventionnel parcourt jusqu’à 65 000 km lors de sa fabrication. En 2013, la marque s’est lancé comme défis de relocaliser à moins de 1083 km de la France la production ces jeans. Pour cela, il a fallu trouver le moyen de faire toutes les étapes de fabrication en partant de la filature, puis de la teinture, du tissage, de l’ennoblissement, de la coupe, de la confection, jusqu’au délavage laser prêt de la France. Autant d’étapes pour autant de défis !

Mais il n’y a pas que la localisation qui doit vous aider dans le choix de votre usine.

étiquette made inde

Le respect des travailleurs de votre fabricant

Vous devez veiller à ce que l’usine que vous choisissez respecte les travailleurs qu’elle emploie. Le 24 avril 2013, l’usine de confection de vêtements du Rana Plaza au Bangladesh s’effondre et provoque la mort de 1127 ouvriers de l’industrie textile. Ce drame a permis de prendre conscience de l’importance des conditions des travailleurs, la délocalisation pour gagner en coût ne doit pas se faire au détriment du droit humain !

Pour cela, de nombreuses marques comme le Slip français ont décidé d’implanter leur production en France. L’avantage de fabriquer en France est que vous garantissez des salaires décents pour vos couturières et autres employés. Mais vous pouvez trouver d’autres moyens de garantir ce respect des travailleurs :

      • à travers des audits réguliers dans vos usines de fabrication,
      • grâce à certains labels tels que GOTS, ecocert…
      • à travers une charte définie en interne par l’usine,
      • grâce au bouche à oreille, n’hésitez pas à demander à d’autres marques, si elles sont satisfaites de ce fabricant,
      • à travers le choix d’une usine européenne qui garantit certaines normes comme des limitations commues sur le temps de travail.

C’est à vous de vous renseigner pour trouver un fabriquant qui respectera au mieux les travailleurs.

Le problème avec tous ces critères, c’est qu’on se sent vite submergé. Il va falloir faire des choix, vous ne pourrez pas être parfaitement éthique dans la création de votre marque. Mais l’important est d’être transparent, et d’avoir la volonté de tendre vers plus d’éthique.

Alors et vous qu’avez-vous mis en place dans la création de votre marque pour être plus éthique ? Je serais ravie d’en discuter avec vous. 🤔

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