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Comment créer sa marque de vêtements en 2026 : Le guide complet pour réussir

Vous avez un carnet rempli de croquis, une envie folle de changer la mode, et peut-être même déjà quelques bouts de tissus dans vos placards. Mais entre le rêve de créer sa marque et la réalité économique de la mode, il y a un fossé que beaucoup n’arrivent pas à franchir.

En 2026, le marché de la mode est ce qu’on appelle un « Océan Rouge » : il est saturé, ultra-concurrentiel, et les géants de la fast-fashion occupent le terrain avec des moyens colossaux. L’approche classique — faire du stock, poster trois photos sur Instagram et prier pour que ça se vende — ne fonctionne plus. C’est le meilleur moyen de s’épuiser, financièrement et moralement.

Pour réussir aujourd’hui, vous devez troquer votre casquette du “petit créateur » pour celle du CEO stratège. Après être passée par les bureaux de style de chez Kenzo et Cyrillus, et avoir accompagné plus de 40 marques à se lancer, je peux vous l’assurer, la clé réside dans une vision à 360° de votre marque qui regroupe trois pôles: finance, produit, et marketing.

1. Se former pour devenir entrepreneur de mode

Si vous ne venez pas du milieu, vous allez vite vous rendre compte que la mode est une industrie complexe, avec son propre langage et ses codes. Rassurez-vous, vous n’avez pas besoin de devenir styliste et de faire 4 ans d’étude comme moi, mais par contre vous avez besoin de vous former pour savoir comment créer votre marque de vêtements.

Confondre le métier de styliste avec celui de modéliste, aborder trop tôt les fournisseurs, ne pas savoir qu’il existe des MOQ, font partie des erreurs classiques que je vois chez les créateurs de mode… 

Si vous voulez réussir votre projet de marque, vous devez comprendre comment fonctionne l’industrie textile :

  • Les étapes de fabrication d’un vêtement (du dessin à la production)
  • La technicité des matières (fibre, composition, grammage…).
  • Ainsi que le rôle de chaque intervenant (pour éviter par exemple de parler trop tôt aux fournisseurs et de n’avoir aucune réponse).

Il est donc essentiel de vous former pour comprendre l’envers du décor de l’industrie textile. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai créé Modulab, une formation complète pour créer sa marque de A à Z.

Mais au-delà du côté formation, si j’ai un seul conseil à vous donner : ne restez pas seul.e. Vous pouvez vous tourner vers des réseaux d’entrepreneurs comme Le Labo des Marques, ou Fashion Green Hub.

2. Poser les fondations de sa marque de vêtements

Avant de dessiner votre première pièce, vous devez savoir où vous allez.

Prenez le temps de faire le point : 

  • Est-ce un side project pour vous faire plaisir
  • Ou voulez-vous en vivre rapidement ? 

Votre stratégie ne sera pas la même si vous lancez 3 pièces en précommande avec 3 000 € de budget ou si vous visez une croissance rapide avec un investissement de 30 000 €.

En fait, si vous êtes maman, salariée à mi-temps et que vous avez peu de budget, vous devrez accepter le fait que vous allez mettre longtemps à être rentable car vous allez y passer beaucoup de temps. Si à l’inverse vous avez du capital mais peu de temps, vous allez être obligé de déléguer. 

Il n’y a pas de mauvaise situation, il faut juste réussir à aligner votre ambition avec vos ressources, et ne pas faire l’autruche sous peine d’être débordée. C’est ce qui est arrivé à une de mes clientes qui a fini en burn-out car elle pensait qu’elle pourrait tout gérer de front…

Alors soyez réaliste dès le départ et demandez-vous ce qu’il est réaliste d’imaginer pour votre projet de marque, compte tenu de vos ressources.

3. Trouver son « Océan Bleu » : Se nicher pour exister

Vouloir plaire à tout le monde en 2026, c’est ne plaire à personne. Pour sortir de ce qu’on appelle l’Océan Rouge en marketing (zone du marché où il y a trop de concurrence), vous devez trouver votre Océan Bleu : un espace où la concurrence est moindre car votre proposition est unique.

L’étude de marché : cherchez les manques

Pour trouver votre Océan bleu, il va falloir faire une étude de marché pour trouver le bon positionnement.

Prenons un exemple, il y a 10 ans, la culotte de règles était un Océan Bleu (j’étais la seule parmi mes copines à en porter…). Aujourd’hui, c’est un Océan Rouge puisque même la grande distribution en propose.

Si vous vouliez vous lancer dans ce marché, il faudrait donc repérer un manquement de ce marché. Par exemple se nicher encore plus en proposant de la culotte spéciale post-partum, ou encore proposer de la culotte à motif si tout le monde ne fait que du noir…

Analysez vos concurrents directs

Pour réussir à trouver ce fameux positionnement, je vous conseille de faire une étude de votre concurrence, sélectionnez 6 à 10 marques qui visent la même cible et analysez-les :

  • Leurs produits : le style, le prix, les matières, une innovation technique particulière, le packaging…
  • Leur discours marketing : Quel est leur message principal ? Quelles valeurs mettent-elles en avant ?
  • Leurs canaux de distribution : E-shop, boutiques physiques, revendeurs, marketplaces ?
  • Leur création de contenu : Quels types de photos, vidéos, articles de blog ? Quels réseaux sociaux utilisent-elles et comment ?
  • Leur identité visuelle : Couleurs, typographies, style général.

Vous verrez qu’avec cette première analyse vous aurez déjà quelques idées sur la façon de vous différencier.

Ensuite, réalisez un Benchmark précis (outil qui permet de comparer les marques entre elles). C’est ici que vous structurez vos observations. Souvent j’aime bien choisir deux axes : 1 pour le prix, et un autre pour le style ou la cible visée. Ensuite, je place chaque marque sur mes axes, et cela me permet de voir rapidement s’il y a une place à prendre : un océan bleu.

Reprenons l’exemple de la culotte menstruelle (mon exemple est hyper simplifié, attention). Sur mon graphique, je vois qu’il y a trois zones où je pourrais m’insérer :

  1. Une marque pour une cible plutôt âgée, avec un style sexy, et un prix un poil moins cher que des marques comme Réjeanne ou Elia.
  2. Une marque pour une cible plutôt âgée, style sexy, mais avec un positionnement bas de gamme (là, attention, ça pourrait ne pas coller avec le côté sophistiqué du style).
  3. Une marque dans un style plus jeune, mais avec un prix plus élevé (à voir si ta cible est prête à payer ce prix-là).

Pour moi, le positionnement le plus intéressant et cohérent serait le premier.

Est-ce que tu comprend mieux l’importance de l’étude de marché maintenant ? Ça te permet de bien te situer sur ton marché et de ne pas foncer tête baissée là où c’est déjà bouché.

4. Faire l’étude de ta cible

Je vois trop souvent passer des questionnaires ultra-factuels où on demande l’âge et le revenu des répondants. Ce genre de données ne va pas du tout vous aider à comprendre votre cible. Honnêtement, savoir que votre cible à en moyenne 32 ans, et qu’elle vit à Paris, ça ne vous avance pas vraiment pour savoir si elle va acheter vos vêtements, non ?

Pour valider votre concept, vous devez comprendre la psychologie profonde de votre client idéal. Votre objectif est de comprendre ses désirs, ses frustrations, ses aspirations et ses réelles motivations d’achat.

Il y a un exemple dont j’aime beaucoup parler, c’est celui de la marque DOVE. Cette marque ne vend pas juste du savon, elle vend l’idée que « toutes les femmes sont belles, peu importe leur corps et leur âge ». Ils ont compris que les clients achètent avec le cœur, pas seulement avec la tête, surtout dans la mode et la cosmétique. Votre marque doit incarner une vision, une émotion, un message qui résonne.

Posez des questions ouvertes qui incitent votre cible à se confier plutôt qu’à donner une réponse factuelle. Ce sera ainsi l’occasion de récupérer tout le verbatim (= façon de parler) et les habitudes de votre cible pour les réutiliser dans votre communication. Plus vous connaîtrez votre cible, plus vous arriverez à bien vendre votre produit, en sachant exactement comment attirer l’attention et persuader votre prospect de passer à l’achat.

5. Définir une collection de vêtements qui se vend

Maintenant que vous avez un positionnement précis et que vous connaissez votre cible sur le bout des doigts, vous êtes prêt à définir une offre de produit stratégique et cohérente.

Pour cela il est recommandé de faire un plan d’assortiment. C’est un document qui décrit le cahier des charges de la collection de vêtements : type de produit, prix de vente, clientèle visée, ambiance et style souhaités…

Pour définir ce cahier des charges, je te conseille de prendre en compte 4 critères :

  • Vos objectifs commerciaux: ne dilue pas trop ta marge dans 20 modèles différents. Au début, il vaut mieux avoir peu de produits et élargir sa gamme petit à petit.
  • Votre cible, demande-toi quel prix elle est prête à payer, quel besoin elle a, et quel style elle apprécie (c’est le moment de ressortir les réponses aux questionnaires).
  • Votre marché, vous devez vous aligner sur le marché en termes de prix (sauf si vous avez une innovation qui justifie un prix plus élevé), et de pratiques. Je m’explique, on dit souvent qu’il faut se différencier mais pas forcément sur tous les points sinon vous risquez de perdre votre cible, elle a aussi besoin de points d’ancrage connus. Par exemple, Le slip français n’a pas réinventé la forme du slip. La marque a été innovante sur sa façon de communiquer et sur ses valeurs made in France. À l’inverse, Cabaïa n’est pas très innovant dans sa comm’ et dans sa façon de vendre mais le produit lui est innovant et répond à un vrai besoin manquant sur le marché.
  • Votre coût de revient, vous ne pouvez pas vendre à perte, pour calculer le prix de vente de vos vêtements vous devez multiplier votre coût de revient par un coefficient de marge allant de 2 à 4.

Si vous avez justement du mal à définir le prix de vente pour vos produits, je vous invite à télécharger mon outil “Le juste prix” qui est un outil gratuit pour calculer votre coût de revient précis.

6. Créer un cadre sécurisant pour créer ta marque de vêtements

Maintenant que vous avez défini un prix de vente pour vos vêtements, vous allez pouvoir vous attaquer à la définition de votre budget de départ. Il est impossible de donner un chiffre unique car tout dépend de vos ambitions. Cependant, voici les trois principales catégories de budget que j’observe :

  • Le mode minimaliste (3 000 € à 10 000 €) : Idéal pour tester une idée en micro-collection ou en précommande, en faisant beaucoup de choses soi-même.
  • Le mode structuré (10 000 € à 30 000 €) : Pour ceux qui veulent déléguer certaines choses, avoir du stock et en vivre le plus rapidement possible.
  • Le mode start-up (au-delà des 30 000€) : Pour ceux qui ont beaucoup d’ambition, veulent se payer dès la première année et avoir une équipe et des locaux très rapidement.

N’oubliez pas que ce budget est un investissement de long terme que vous rembourserez au fur et à mesure. Si vos fonds propres ne suffisent pas, n’ayez pas peur de solliciter des prêts d’honneur, de la « love money » ou de lancer un crowdfunding : c’est le meilleur moyen de valider votre concept tout en récoltant les fonds nécessaires.

7. S’organiser pour créer sa première collection de mode

Une fois que vous savez où vous allez financièrement, il est temps de passer à la phase que vous attendez sans doute le plus : la création de votre première collection !

L’erreur courante est de se laisser submerger par sa to-do list et d’avancer à vue. On a souvent tendance à minimiser le temps que prend chaque étape quand il y a des intermédiaires.

Par exemple, il faudra plusieurs semaines à votre atelier pour réaliser un premier prototype. Si l’on ajoute à cela les allers-retours pour les essayages, les périodes de fermeture des usines ou les retards de livraison de tissus, vous allez vite vous rendre compte qu’il faut plusieurs mois pour arriver au modèle parfait.

Pour que votre rêve se concrétise, vous devez donc fixer des deadlines réalistes à vos fournisseurs en créant un rétro-planning détaillé. Plus vous donnerez un cadre précis à votre fournisseur, plus vous aurez de chance que le projet avance vite et bien.

Le processus suit une logique précise que j’applique depuis des années :

  1. Le Plan de collection : C’est la phase créative, on travaille avec la styliste pour définir l’assortiment idéal et dessiner la première collection.
  2. La Fiche technique créée par la styliste : C’est la véritable carte d’identité du vêtement, c’est un document essentiel pour les fournisseurs.
  3. Le Prototypage & les Essayages : C’est le moment où la modéliste met au point vos produits. On ajuste chaque millimètre pour que le tombé soit parfait !
  4. La Gradation & Production : Une fois le modèle validé, on lance la déclinaison des tailles et la confection en atelier.

8. Comment enfin lancer ta marque de vêtement

On arrive enfin à la dernière étape : la vente. Je vais être honnête avec vous : vos produits ne vont pas se vendre tout seuls… Même si vous avez une très belle boutique en ligne faite sur mon outil préféré Shopify. Vous êtes inconnu au bataillon, et vous allez devoir faire BEAUCOUP d’effort pour vous faire connaître. 

Comment vendre en 2026

Il y a quelques années encore, il suffisait de lancer un site de dropshiping avec des promesses de fou et de jolies photos pour vendre très facilement un produit. En 2026 les règles ont changé, et pour vendre il faut créer sa tribu. On ne vend plus un simple vêtement, mais le sentiment d’appartenir à une « tribu ».

Prenez l’exemple de Sézane, son génie ne réside pas dans ses produits (qui sont au final assez classiques) ; mais il réside dans sa capacité à faire de ses clientes ses meilleures ambassadrices Sézane grâce à une plateforme de marque bien pensée.

Faire partie de la bande Sézane, c’est se reconnaître dans la rue car on porte le dernier tote-bag de la collection, c’est ouvrir son colis avec un joli mot doux et une effluve de parfum, c’est entrer dans une boutique digne d’un appartement haussmannien. Chaque petit élément de la marque a été travaillé pour que la cliente ait le sentiment de faire partie de cette tribu, et la marque entretient ce lien en communiquant régulièrement sur divers canaux de communication.

Toute la marque est cohérente, et touche en plein cœur sa cible.

Créer du lien avant de vendre

Pour attirer l’attention de votre cible face à la concurrence, il existe tout un tas de stratégies qui évoluent au gré des innovations et des tendances. Désolé de vous décevoir, mais je n’ai pas une seule solution magique à vous proposer. Mais par contre, la clé est de faire beaucoup de tests. Vous pourrez ainsi en tirer des leçons : savoir ce qui capte vraiment votre cible et la toucher en plein cœur comme Sézane.

Parmis toutes ces stratégies, à vous de piocher parmi celles qui vous parlent le plus et surtout qui parlent le plus à votre cible :

  • Raconter les coulisses de la création de votre marque sur Instagram
  • Faire des partenariats avec une dizaine d’influenceurs pour parler de vos produits
  • Créer un blog ou un podcast thématique en lien avec votre marque
  • Créer une newsletter avec des offres spéciales dédiées à vos plus fidèles clients
  • Faire des réunions tupperware chaque semaine pour présenter vos collections…

Vous savez désormais que créer sa marque de vêtements est l’une des aventures les plus gratifiantes, mais elle demande de la méthode et de la résilience. Ne restez pas dans le flou. Sécurisez votre projet en comprenant chaque pilier de votre business grâce à ma formation Modulab pour apprendre à créer sa marque de mode de A à Z.

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