Quand je te dit “J’ai réalisé mon rêve de créer ma propre marque de vêtements” je suis sûr que tu as des paillettes dans les yeux… mais pourtant avant d’atteindre ce rêve, il y a souvent beaucoup d’obstacles à surmonter.
Lancer sa première collection, voir ses pièces portées, créer une communauté engagée… tout cela fait rêver. Mais derrière la belle image, il y a aussi les défis, les imprévus et parfois des décisions difficiles à prendre.
C’est ce qu’a vécu Nelly qui a été la toute première cliente que j’ai accompagnée, fondatrice de Blaune une marque éthique qui proposait des vêtements confectionnés en France à partir de matières naturelles et certifiées. Après deux collections, elle a pris la lourde décision d’arrêter son projet. Avec du recul, elle partage ici les erreurs qu’elle aurait aimé éviter et les leçons précieuses qu’elle en a tirées.
Si tu veux toi aussi créer ta marque de mode, cet article est une mine d’or pour gagner du temps et éviter de nombreux pièges.
Leçon n°1 : Un budget marketing insuffisant = une marque invisible
Quand on veut lancer sa marque, on pense souvent créer sa propre collection : choisir ses tissus, dessiner les modèles, créer des prototypes… Mais qu’est-ce qu’un bon produit si personne ne le connaît ?
Pour Nelly, elle a fait l’erreur classique de dédier plus de temps et d’argent au produit qu’à la communication :
« Je voulais rester totalement indépendante et financer le projet uniquement avec mes économies, mais cela n’a pas permis de déployer des stratégies marketing à la hauteur des besoins de visibilité et d’acquisition dans un marché aussi concurrentiel.
À défaut de ressources adéquates, je me suis retrouvée à compter principalement sur le bouche-à-oreille et des actions organiques, ce qui a limité la croissance et la notoriété de la marque. Avec le recul, j’aurais pu envisager de solliciter des partenaires ou des investisseurs dès le départ pour structurer un plan marketing ambitieux et pérenniser le développement de Blaune.
À refaire, je déploierais un budget marketing plus conséquent pour faire des campagnes sponsorisées sur les réseaux sociaux, ce qui m’aurait permis d’élargir ma cible et d’augmenter la visibilité de Blaune dès le lancement.
J’accorderais également une plus grande place aux événements physiques, comme les pop-ups ou les salons, afin de rencontrer directement ma clientèle et de renforcer le lien avec eux.
En parallèle, je constituerais un petit stock pour placer mes produits dans de jolies boutiques partenaires. Cela aurait permis de toucher une clientèle qui privilégie les expériences d’achat physiques, tout en augmentant la notoriété de Blaune dans des environnements attractifs.
Enfin, je lancerais une stratégie SEO bien avant le lancement de la marque pour maximiser le trafic organique et construire une présence digitale solide à long terme.
Bien que les réseaux sociaux aient joué un rôle clé dans la promotion de Blaune, il est clair qu’une approche plus diversifiée et structurée aurait permis à la marque de se développer de manière plus pérenne.”
💡 À retenir :
Si tu lances ta marque, ne sous-estime pas l’importance d’un plan marketing structuré. Je conseille en général de dédier un tiers de son budget total à la partie marketing.
Bien sûr l’idée n’est pas de cramer tout ton budget marketing dans tes actions de communication au hasard… Tu dois définir précisément où mettre cet argent en fonction de ton public cible. Si par exemple, tu veux toucher une cible de moins de 20 ans, peut-être que tu vas miser sur des campagnes d’influences sur TikTok, à l’inverse si tu as une cible de plus de 40 ans, mieux vaux prévoir un budget pour des salons en physique.
Aujourd’hui, la concurrence est rude, et même une marque éthique doit se battre pour exister. Il est crucial de prévoir un vrai budget communication, que ce soit pour de la publicité, des collaborations, des événements physiques ou une stratégie SEO.
Leçon n°2 : Bien choisir son associé, c’est pas si facile
Blaune a été cofondée par deux personnes, mais au fil du temps, leurs chemins se sont séparés. Nelly a poursuivi seule l’aventure.
« Avec le recul, je pense avoir bien choisi mon associé en termes de compétences et de complémentarité. Cependant, il s’est avéré que l’engagement entrepreneurial nécessaire pour mener un tel projet n’était pas en phase avec ses aspirations personnelles du moment.
Mon principal conseil pour choisir un associé serait de s’assurer que la vision et les motivations de chacun sont parfaitement alignées, non seulement sur le court terme, mais aussi sur les défis et sacrifices que l’aventure pourrait imposer. L’entrepreneuriat demande une résilience et une implication totale, et ces aspects doivent être clairement discutés en amont.
Il est aussi essentiel de formaliser dès le début des rôles précis et un cadre clair pour la collaboration, afin d’éviter des malentendus ou des frustrations en cours de route. Enfin, bien s’entourer ne se limite pas à un associé : savoir s’appuyer sur des mentors, des réseaux ou des experts peut être un atout précieux pour mener à bien le projet.”
💡 À retenir :
Travailler à deux est une force, mais cela peut aussi être une source de tension si les attentes et les motivations ne sont pas alignées. Nelly n’est pas la seule de mes clientes qui a eu du mal à trouver le bon partenaire….
Prends donc le temps de choisir le bon associé :
- Défini d’abord vos rôles respectifs dans l’entreprise et ta vision du projet : avenir de la marque dans 1, 3, 5 ans, façon de s’organiser au quotidien, compétences de chacun, manière de prendre les décisions, gestion des imprévus…
- Ensuite, prend le temps de rencontrer plusieurs personnes et de leur présenter en détail tes attentes pour voir si ta vision peut matcher avec la tienne. Tu peux aussi faire une semaine test de travail ensemble pour apprendre à vous connaître.
- Dernier point, officialise votre collaboration avec un pacte d’associé chez un avocat qui couvrira toutes les éventualités possibles.
Leçon n°3 : Une production mal anticipée peut mettre une marque en péril
Quand on vend en précommande ce qui est le cas de nombreuses jeunes marques de mode, la production est un enjeu clé. Pour Blaune, cette gestion a été un vrai challenge :
« J’ai décidé de mettre fin à cette aventure avant le lancement de la troisième « collection ». À ce moment-là, je travaillais sur une combinaison dont le développement s’est avéré être compliqué (les tissus en Tencel que je souhaitais utiliser ne passaient pas les tests de résistance, nous ne parvenions pas à modéliser correctement le haut de la combinaison et nous avons du faire face à une forte hausse du coût des matières premières).
Parallèlement, les ventes du stock de la précédente collection ne progressaient pas au rythme attendu. Les perspectives économiques m’ont poussée à prendre la décision de ne pas lancer cette troisième collection.
La gestion de la précommande est un défi, surtout pour une jeune marque. Avant le lancement d’une nouvelle collection, je fixais avec mes fournisseurs une date de production et je m’engageais sur des minimums de commande pour garantir leur disponibilité. Cette étape nécessitait une estimation précise des volumes à produire, basée sur les prévisions de ventes. J’anticipais les délais de livraison en commandant les tissus et fournitures en avance (tout en prévoyant une marge de sécurité en cas de retard). Une bonne anticipation et des échanges réguliers avec les fournisseurs permettent de limiter les imprévus.”
💡 À retenir :
Ne sous-estime pas l’organisation que va demander une production (en précommande ou non d’ailleurs). Tu dois communiquer de manière très précise et régulière avec tes fournisseurs. N’hésite pas à prévoir une petite marge financières et temporelles pour absorber les imprévus.
Il est aussi important d’avoir toujours des plans B. Par exemple au lieu de prévoir 1 seule matière repère une autre matière qui pourrait faire l’affaire s’il y avait le moindre souci.
Leçon n° 4 : Être seul(e) à tout gérer, c’est s’épuiser
Créer une marque, c’est gérer le design, la production, la logistique, la communication, les ventes... Tu es multi-tâches. Il est donc essentiel de s’entourer de professionnels qui vont te guider pour ne pas t’épuiser :
« Mon conseil serait de s’entourer des bonnes personnes. Il est essentiel de poser un maximum de questions à des professionnels du secteur, d’échanger avec des entrepreneurs ayant déjà traversé ces étapes, et de ne pas hésiter à solliciter des avis extérieurs. Avoir un réseau solide et des mentors permet d’éviter des erreurs coûteuses et de bénéficier de retours d’expérience précieux.”
L’autre point très important pour éviter le burn-out est de bien s’organiser au quotidien pour sa marque et de déléguer quand cela est possible. Nelly nous partage ses conseils :
« Lors de la création de Blaune, l’une de mes priorités a été de structurer mon travail pour éviter de me sentir dépassée. Je faisais des rétroplannings très précis, en détaillant chaque étape clé du projet et en y intégrant des marges de manœuvre pour anticiper d’éventuels retards ou imprévus. Cette organisation me permettait de garder une vue d’ensemble et de rester concentrée sur mes priorités sans perdre de temps sur des détails non essentiels.
Pour réussir à être sur tous les fronts, j’ai aussi appris à prioriser mes tâches en fonction de leur impact direct sur la progression de la marque. Il est facile de vouloir tout faire en même temps, mais savoir se concentrer sur ce qui compte vraiment, comme la qualité du produit ou la communication avec ses clients, est essentiel.
Mon principal conseil serait de se fixer des objectifs clairs et de les découper en actions concrètes à court, moyen et long terme. Utiliser des outils comme des plannings, des to-do lists ou des logiciels de gestion peut aider à garder le cap.
Enfin, ne pas hésiter à déléguer ou à demander de l’aide sur certains aspects.”
💡 À retenir :
La surcharge mentale peut rapidement tuer la créativité et la motivation.
Comme la si bien dit Nelly, je te conseille de faire un rétroplanning précis pour toi que tu pourras aussi partager à tes fournisseurs. J’ai d’ailleurs développé un outil gratuit pour t’aider à le faire :
Conclusion : se lancer, oui… mais avec un plan !
L’histoire de Blaune est riche d’enseignements. Si tu veux créer ta marque, voici les 4 erreurs à éviter :
❌ Ne pas prévoir de budget marketing
❌ Mal choisir son associé ou ne pas cadrer la collaboration
❌ Sous-estimer les aléas de production
❌ Vouloir tout gérer seul(e) sans prioriser
Depuis ma toute première mission avec Blaune, j’ai énormément appris de la création de marque et j’en ai fait une formation : Modulab. Si tu veux te donner toutes les chances de réussir, et éviter les erreurs que Nelly à pu faire, je t’invite à la découvrir juste ici 👇